Tire la chevillette et la bobinette cherra
Comme je vous le mentionnais hier, le blogue À vélo citoyens n’est pas celui que nous pensions. Nous savions tous qu’il tentait de promouvoir le vélo en libre service. En effet, personne ne pouvait manquer en grosses lettres : « Oui au vélo libre-service à Montréal ! »
Cependant, ce que d’autres ont appris hier (Bixi : Cette campagne marketing est-elle éthique par Patrick Lagacé), c’est que non seulement le blog n’était pas ce qu’il prétendait être :
L’idée du site www.avelocitoyens.com est née spontanément dans les têtes de trois montréalais s’étant rencontré de manière fortuite lors de l’événement « Masse Critique » [...] du 25 avril 2008.
Le but de leur initiative est simple: promouvoir l’utilisation du vélo comme principal moyen de transport chez les montréalais.
Aux commandes du projet, le tandem Pénélope Riopelle – Mélanie Gomez. [...] Jean-Michel Simoneau
…. mais que ses trois administrateurs n’existaient que virtuellement. On leur avait même créé de fausses histoires, des pages Facebook (il est interdit dans les termes d’utilisation de créer de faux profils). Quand on les contactait, c’étaient des gens de la firme Morrow qui vous faisaient croire qu’ils existaient bel et bien.
On s’entend tous que l’honnêteté de la chose est discutable. Il n’aurait fallu que de reconnaître le manque de tact pour que toute l’histoire soit oubliée. Mais non, Stationnement de Montréal revient à la charge en défendant aveuglément la façon utilisée de promouvoir Bixi. Selon eux :
La stratégie virale, ça fait partie de la pub. Non, ce n’était pas de la manipulation. La manipulation, c’est mercantile. Stationnement de Montréal, c’est privé, mais Bixi est un service public. On veut que ça marche.
De un, le marketing viral vise à créer un sentiment d’appartenance et un engouement envers un produit/une marque. De deux, tous ceux qui avaient acquis ce sentiment positif se sentent maintenant trahis. Il faut franchement être lent pour ne pas voir que ces mêmes gens risquent de ne pas être des « repeat customers » et que autant le blog et Bixi lui-même, qui jouissait pourtant d’une image sans tache, voire d’une image positive, se voit maintenant sali par une bande de zoufs qui n’ont apparemment pas compris que la fin ne justifie pas nécessairement les moyens. Déjà que Stationnements de Montréal avait une image très douteuse, ce n’est pas très fort !
Et non, la manipulation ce n’est pas que mercantile. Si vous rencontrez quelqu’un que vous aimez bien, que celle-ci vous manipule pour arriver à ses fins (en l’occurrence, vendre des abonnements à Bixi) pour ensuite vous laisser tomber, cela reste de la manipulation. Encore autre chose que j’ai lu sur le blog de M. Lagacé qui m’a titillé :
- Et ces trois «personnes», qui interagissaient avec les internautes?
- C’est, dit M. Philibert [directeur, communications-marketing, chez Stationnement de Montréal], une façon de rejoindre les gens.
- Mais c’est un mensonge, ils n’existent pas!
- Si on avait fait un blogue hébergé par Stationnement de Montréal, personne n’aurait été intéressé. Et puis, ça se fait ailleurs…
- Où?
- Je ne sais pas. Mais ça se fait.
Wow et rewow. Je suis d’avis, et tous ceux à qui j’ai parlé et m’ont contacté disent tous unanimement : on en aurait parlé pareil. Je trouvais moi-même complètement stupide l’absence d’un blog officiel de Bixi. « Pourquoi n’ont-ils pas de façon de nous communiquer directement ? », me suis-je demandé souvent.
La qualité du contenu sur À vélo citoyens était là. C’est tout ce qui importe. Les gens de Bixi sont très sympathiques, et qu’ils aient officialisé l’affaire dès le départ n’aurait que sauvé toute cette bisbille.
Certains d’entre-vous m’ont demandé ce que j’en pense personnellement. Pour ma part, je trouve que toute cette affaire est complètement ridicule, que la stratégie utilisée n’était pas tout à fait au point et qu’encore une fois, les gens en marketing nous prennent pour des cons. Tout ce qui aurait changé, c’est que je ne leur aurait pas donné de contenu gratuitement, l’utilisation commerciale étant interdite par la licence sous laquelle je publie VéloUrbain.qc.ca. Il s’agit donc de mauvaise utilisation (peut-on dire utilisation frauduleuse ?) de mes droits d’auteur.
Tout de même, j’espère que le projet Bixi marchera et je vais continuer à en parler en bien, autant qu’en mal, comme je l’ai toujours fait. Longue vie au Bixi.